Le Rapport général du CNAES remis au Premier ministre : LES DIAGNOSTICS ET LES RÉMÈDES

Toutes les préoccupations, les difficultés et contraintes ont été identifiées et prises par le Comité qui souhaite un engagement politique fort.

Le document de 150 pages se veut exhaustif, dépassionné et concret. Présenté d’abord au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique le 28 avril dernier, le Rapport général du Comité de pilotage de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Mali (CNAES) a été officiellement remis lundi en fin d’après midi au Premier ministre, Moussa Mara. La cérémonie officielle s’est déroulée à la Primature en présence du ministre Me Mountaga Tall, des membres du CNAES, des recteurs des universités et de la représentante de la société civile, Mme Maïga Kadiatou Baby.

Le rapport général sur l’avenir de l’enseignement supérieur recense les questions liées à la gouvernance, aux ressources humaines (en nombre et en qualité), aux offres de formation, à la recherche-formation, à la politique socioculturelle, aux infrastructures, aux équipements et à d’autres questions prioritaires de l’enseignement supérieur. Le document diagnostique le système de l’enseignement supérieur et de la recherche, propose des solutions et des recommandations. L’insuffisance des textes législatifs et règlementaires, le manque d’infrastructures pédagogiques et administratives adéquates, le déficit en équipements de laboratoire, en réseaux informatiques et en matériel pédagogique, l’inadaptation des filières de formation, l’occupation anarchique des domaines du campus universitaire et de la recherche figurent parmi les problèmes prioritaires identifiés et soulevés dans l’ouvrage.

Le document a été confectionné avec l’appui financier de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le Comité de pilotage propose comme entre autres solutions de sortie de crise la création de l’autorité de l’assurance qualité, l’amélioration des procédures de création et d’ouverture des établissements d’enseignement supérieur privés, la formation des administrateurs en management, la forte implication des professionnels dans l’enseignement supérieur conformément aux exigences du système licence-master-doctorat (LMD), le recrutement annuel et la formation pédagogique et universitaire.

Ce rapport, a rappelé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, est l’aboutissement de près de trois mois de travail intense mené par le Comité de pilotage de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur pour ausculter le sous-secteur de l’éducation et poser les diagnostics appropriés. Me Mountaga Tall précisera que toutes les préoccupations, les difficultés et contraintes ont été identifiées et prises en compte dans le rapport. « L’enseignement supérieur constitue le devenir de toute nation. Notre vision est claire et vise un enseignement supérieur et une recherche scientifique de qualité répondant aux besoins socio-économiques et culturels de notre pays et ouverts sur l’enseignement régional et international », a déclaré le ministre Tall.

C’est conscient des innombrables difficultés à résoudre que le département de l’Enseignement supérieur, avec le soutien des plus hautes autorités du pays et de l’accompagnement de l’UEMOA avait décidé d’organiser les journées de concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur les 7, 8 et 9 avril dernier. Notant que nos compatriotes ont constaté avec beaucoup d’espoir la très grande place accordée à l’école en général, et à l’enseignement supérieur en particulier dans la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre, Me Mountaga Tall a, promis que son département usera de toute son intelligence, de ses efforts, de son énergie et de ses compétences pour que cette lueur d’espoir suscitée par Moussa Mara reste toujours allumée et produise des effets, afin de remettre notre système d’enseignement supérieur sur le bon pied.

TROIS PHASES. Mountaga Tall a enfin soutenu que les recommandations du comité de pilotage nécessitent un engagement politique très fort, mais aussi le classement de l’enseignement supérieur parmi les priorités du gouvernement, la signature et la mise en œuvre par tous les partenaires impliqués d’un accord pour un enseignement supérieur malien apaisé, compétitif et engagé pour la promotion de l’excellence au service du développement durable de notre pays et la mise en place d’un comité de suivi et évaluation.

Le Premier ministre, dans sa réponse, a rappelé que l’école est au centre des préoccupations du gouvernement dans l’axe 4 de la DPG présentée le 29 avril dernier devant les députés. Moussa Mara a indiqué que le travail sera axé autour de trois phases : le traitement d’urgence, la restructuration et l’atteinte de la vitesse de croisière pour sortir notre école de la situation dans laquelle elle est plongée.

Me Mountaga Tall a ensuite remis officiellement un exemplaire du rapport à Moussa Mara. Installé par l’ancien Premier ministre, Oumar Tatam Ly en février 2013, le Comité de pilotage de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Mali est composé de 23 professeurs, dont 4 secrétaires. Il a pour mission de réunir toute la documentation relative aux réformes en cours dans l’enseignement supérieur. Dans ce cadre il a notamment auditionné les acteurs de l’enseignement supérieur public, privé, les associations professionnelles, confessionnelles, communautaires, les pouvoirs publics, les élus nationaux, locaux, les partenaires au développement et les étudiants.

S. Y. WAGUÉ 

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