Fièvre Ebola : LES RÉSULTATS INFIRMENT LES SOUPÇONS

Les analyses faites délivrent les mêmes conclusions. En outre, notre pays dispose désormais de son propre laboratoire d’analyses. Le soulagement est sans aucun doute à la mesure des inquiétudes. Les rumeurs les plus persistantes avaient en effet fait état de cas suspects de fièvre Ebola dans notre pays. Il n’en est absolument rien, puisque notre pays n’a, jusque là, enregistré aucun cas ni suspect, ni confirmé de cette terrible affection. 

Cette bonne nouvelle a été donnée par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique Ousmane Koné lors d’un point de presse organisé hier à son département. L’événement s’est déroulé en présence du représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans notre pays, Dr Ibrahima Soccé Fall, du secrétaire général du département de la Santé et de l’Hygiène publique et de grands scientifiques de notre pays.

Il faut rappeler que l’épidémie de fièvre Ebola qui sévit en Guinée voisine depuis près de deux mois a suscité de réelles et compréhensibles appréhensions chez nos compatriotes, surtout qu’aucun remède n’existe encore pour ce mal. L’isolement sur les hauteurs de Lassa de deux cas prétendument suspects (des orpailleurs en provenance de la Guinée) avait suscité des réactions violentes de la part des jeunes et des femmes de la localité. Les prélèvements effectués sur ces cas ont été expédiés au CDC d’Atlanta aux Etats unis et à l’institut Pasteur de Dakar au Sénégal pour des analyses biomédicales.

Le ministre Ousmane Koné a annoncé que les résultats se sont avérés négatifs quant à la présence de virus Ebola dans les deux premiers échantillons prélevés. Comme précaution supplémentaire et dans le souci d’écarter tout risque de contamination dans notre pays par le virus, les autorités sanitaires avaient ordonné de prélever aussi une cellule sur la dépouille d’une Malienne, décédée en Guinée où elle était allée pour suivre un traitement. Là également, le résultat s’est révélé totalement négatif.

Les autorités maliennes ont pris soin de recouper les analyses. C’est ainsi que d’autres échantillons ont été prélevés et envoyés au laboratoire Serefo (« témoignage » en langue bamanan). Cette unité d’analyses biomédicales sur la tuberculose et sur le Vih/sida basée à la Faculté de médecine et d’odontostomatologie, a effectué avec l’aide de NIH ( Instituts nationaux de santé des Etats unis), des analyses PCR, c’est-à-dire des tests de biologie moléculaire permettant d’identifier le virus Ebola. Les examens ont porté sur les 10 échantillons prélevés, y compris sur les trois premiers échantillons envoyés à Atlanta. La reprise de leur analyse à Serefo a abouti exactement au même résultat, c’est-à-dire négatif.

AVEC UNE REMARQUABLE CÉLÉRITÉ. Ce sont toutes ces précautions prises qui ont permis au ministre Ousmane Koné d’énoncer catégoriquement l’absence au Mali de cas suspect ou confirmé d’Ebola. Cependant la vigilance reste de mise. « Les consignes actuelles resteront en vigueur jusqu’à ce que les risques de contamination de notre pays soient complètement écartés », a expliqué le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Après avoir souligné avec insistance que notre pays a désormais les moyens de vérifier lui-même les cas suspects et d’être fixé sur la situation, il a rendu hommage au NIH pour l’assistance apportée à nos spécialistes dans les analyses biomédicales des échantillons.

Le représentant de l’OMS au Mali a salué la rapidité d’action de notre pays qui a mis en place avec une remarquable célérité un mécanisme de contrôle pour faire face à la menace de contamination. Il s’est félicité des résultats négatifs des analyses d’échantillons avant de préciser que son organisation accompagnera toujours notre pays pour faire face au risque de contamination.

Rappelons que les analyses des échantillons ont été effectuées dans notre pays dans les mêmes conditions de diagnostics qu’aux Etats unis grâce à la collaboration de NIH qui développe une expertise avérée dans bien de domaines de la santé. Le partenaire américain a apporté à Serefo le plateau de diagnostic, ensemble d’équipements, qui selon le Pr Ousmane Koïta de Serefo, représentait le maillon manquant de la chaine d’analyse du laboratoire. NIH a aussi épaulé notre pays pour mettre en place la méthode PCR éprouvée par le CDC d’Atlanta. Cette opération s’est faite avec le soutien des équipes des autres institutions de recherche ou de santé du pays. Il s’agit entre autres de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP), du Centre d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM), du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). Actuellement Serefo dispose de suffisamment de réactifs pour effectuer 500 tests de contrôle du virus Ebola.

Pour le coordinateur de l’équipe d’intervention rapide contre les fièvres hémorragiques virales, le Pr Samba Ousmane Sow, le fait que les cas soient négatifs est assez rassurant pour nous. Cela signifie notre pays a gagné une bataille, mais que la guerre n’est pas terminée. Nous devons toujours maintenir la garde haute pour circonscrire les risques.

Le professeur Sow a aussi invité tout le monde à s’inscrire dans le combat de la détection, à chercher ensemble les cas suspects et à en informer les établissements de santé. Car l’évocation de la maladie ne doit pas être un tabou pour nous.

B. DOUMBIA 

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