G5 du Sahel : L’ACHITECTURE SE DESSINE

Comme nous l’annoncions dans notre édition d’hier, le sommet du G5 du Sahel qui s’est tenu dimanche à Nouakchott a été sanctionné par un communiqué final lu par le ministre mauritanien des Affaires économiques et du Développement, Sidi Ould Tah. Dans ce texte, les chefs d’Etat des cinq pays membres de la nouvelle organisation (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad) affirment la priorité qu’ils accordent à la sécurité et au développement de la région et réitèrent leur plein engagement à promouvoir la démocratie, les droits de l’Homme et la bonne gouvernance.

Se fondant sur les liens séculaires et multiformes qui unissent les peuples du Sahel, les dirigeants du G5 se disent déterminés à conjuguer leurs efforts en vue de faire du Sahel un espace de paix, de prospérité et de concorde. Ils réaffirment leur détermination à préserver l’intégrité territoriale des Etats et à mener ensemble une action résolue en vue d’assurer la sécurité dans l’espace sahélien.

Le sommet s’est félicité de la mobilisation des partenaires qui ont déjà pris des engagements dans le cadre de la stratégie des Nations unies pour le Sahel, tout en lançant un appel aux autres partenaires, notamment le Groupe de coordination des institutions de financement arabes, islamiques et de l’OPEP ainsi qu’aux pays émergents pour accompagner l’action des pays du Sahel en vue d’ancrer durablement la paix et la prospérité dans la région. Le G5 demande aux partenaires techniques et financiers d’assouplir les règles d’endettement extérieur et de simplifier leurs mécanismes et procédures de financement en vue de les adapter au contexte spécifique des pays concernés pour permettre une mise en œuvre diligente des actions de développement.

Les chefs d’Etat demandent l’élaboration d’un programme prioritaire d’investissement et d’un portefeuille de projets structurants accordant une large priorité à la sécurité, aux infrastructures (transport, énergie, télécommunications, hydraulique), au défi démographique, à la sécurité alimentaire, au pastoralisme et à l’adaptation aux changements climatiques.

Le communiqué précise que les ministres en charge de l’Economie et de la Planification du développement prendront des dispositions nécessaires pour finaliser dans les meilleurs délais, l’ensemble des textes relatifs à l’organisation et au fonctionnement du nouveau cadre de coopération régionale ; réaliser une cartographie exhaustive des financements en faveur de la sécurité et du développement dans la zone du Sahel ; préparer d’urgence un plan d’action pour la mise en œuvre du programme d’investissement prioritaire et un chronogramme pour une mise en œuvre accélérée.

Les ministres doivent identifier les partenaires techniques et financiers susceptibles de combler l’écart de financement du programme prioritaire et engager un plaidoyer en vue de la mobilisation des financements, la matérialisation des engagements des partenaires financiers et la mobilisation des flux d’investissements directs.

Le communiqué final confirme que le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, a été désigné pour assurer la présidence en exercice de la conférence des chefs d’Etat. Le prochain sommet se tiendra au Tchad.

Envoyé spécial

A. DIARRA

 

Mohamed Ould Abdel Aziz : LE COMBAT CONTRE LE TERRORISME NECESSITE DES ACTIONS CONCERTEES ET UNE COHESION DANS LES ACTIVITES

 

A l’issue du sommet du G5 du Sahel, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz désigné par ses pairs comme porte-parole de la nouvelle organisation a animé une conférence de presse pour donner certaines précisions sur ce cadre de coopération sous-régionale. Répondant à une question relative à un éventuel chevauchement entre le G5 et d’autres organisations sous-régionales comme la CEN-SAD et le CILSS, Mohamed Ould Abdel Aziz a assuré qu’il n’en sera pas ainsi, en soulignant que la particularité de la nouvelle organisation réside dans le fait que les pays membres vivent les mêmes difficultés. « Ces pays qui partagent les mêmes spécificités ont décidé de mettre en place cette structure pour faire face aux questions de développement. Je pense qu’il est tout à fait juste que les cinq pays s’organisent pour qu’ils puissent avancer très rapidement vers un mécanisme qui va permettre d’éradiquer tous les problèmes dont souffrent nos populations et conduire vers un développement harmonieux et conséquent ».

Pour le président mauritanien, le G5 du Sahel ne constitue nullement un doublon à la Communauté des Etats sahélo-sahariens, ni au Comité Inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel. Ses missions essentielles s’articulent autour de l’ancrage des institutions et l’implication des populations dans le développement. La nouvelle institution va mettre l’accent sur la nécessité de promouvoir le développement dans les zones très pauvres, de combler le déficit en infrastructures, de lutter contre l’insécurité alimentaire et de promouvoir le développement humain.

Le chef de l’Etat mauritanien a aussi évoqué l’inadéquation entre la croissance démographique et la croissance économique dans les pays du Sahel. « Dans certains de nos pays, nous avons des taux de croissance démographique extrêmement élevés qui dépassent de loin ceux de la croissance économique. Tous ces problèmes seront réexaminés et trouveront autant que faire se peut des solutions adéquates », a indiqué Mohamed Ould Abdel Aziz.

Abordant les préoccupations sécuritaires, le président mauritanien a souligné que l’on ne peut pas concevoir une politique de développement sans la sécurité et que tout développement passera par la sécurité et la stabilité. « Au niveau des cinq pays, nous allons pouvoir coordonner davantage nos actions de sécurité et faire les échanges nécessaires en menant des actions prioritaires pour un bon ancrage de la stabilité et de la sécurité de nos pays. Après ce qui s’est passé dans nos pays, nous sommes tous maintenant conscients que le fléau dont nous souffrons, c’est-à-dire le terrorisme, ne peut être combattu par les Etats pris séparément. Ce combat nécessite des actions concertées et une cohésion dans les activités. La sécurité doit être surveillée sur l’ensemble de ses volets, notamment le terrorisme et son financement qui passe par le trafic de drogue, les prises d’otages, le paiement de rançons aux preneurs d’otages et toutes les autres activités illicites», a encore dit le porte-parole du G5.

A. D.

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