Elections 2013 : LE CAP EST MAINTENU

Les concertations se poursuivent entre les  différents acteurs du processus et le ministère de l’Administration territoriale qui est engagé dans les préparatifs. Le temps presse pour les préparatifs des élections programmées pour juillet prochain et qui doivent permettre à notre pays de tourner la page la plus douloureuse de son histoire récente. La fréquence des rencontres entre les différents acteurs du processus électoral illustre la détermination des autorités de la transition à organiser les élections à cette échéance comme elles s’y sont engagées et comme le demande une bonne partie de la communauté internationale. Deux réunions se ainsi sont tenues lundi et hier sur le sujet.


Lundi, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, a présidé  une réunion du Cadre de concertation entre l’Administration et les partis politiques. La rencontre a eu lieu dans la salle de conférence du département qui est en charge des élections. Le Délégué général aux élections, Siaka Sangaré,  y participait. La rencontre s’est attachée à faire le point des préparatifs des élections à venir.

Le ministre Moussa Sinko Coulibaly a souligné que notre pays traverse une période particulièrement difficile de son histoire. C’est pour lui permettre de sortir de cette situation que le gouvernement a proposé une Feuille de route qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 29 janvier dernier. Les deux missions assignées au gouvernement dans cette feuille de route, a rappelé le  ministre, sont  le recouvrement de l’intégrité territoriale du pays et l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles.

S’agissant de la première mission, un grand pas est franchi avec la reconquête de la quasi-totalité du territoire national. La Feuille de route fixe les élections  à juillet prochain. « Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour respecter cette volonté exprimée dans la Feuille de route », a souligné le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire.

Faisant le point des préparatifs des élections, Moussa Sinko Coulibaly a noté que beaucoup d’échanges ont déjà eu lieu entre l’Administration, les partis politiques, la société civile, les personnes ressources et les experts. Les partis politiques ont fait part de leur souhait d’aller vers un fichier nouveau. Compte tenu de ce souhait, le fichier issu du Ravec (Recensement administratif à vocation d’état civil) a été maintenu. Cela veut dire que l’identification des électeurs est faite à partir de ce recensement.

Pour le ministre, le Ravec offre beaucoup d’avantages. Le premier document qu’il propose est la carte Nina (numéro d’identification nationale) qui  attribue un numéro d’identification à chaque Malien. Cette carte peut être utilisée comme carte d’électeur.  Le ministre a assuré que ces cartes d’électeur seront physiquement proches des billets de banque du point de vue fiabilité. Sécurisées et sûres, ils auront une durée de vie de 10 ans. La carte Nina servira également de base pour l’établissement de tous les documents officiels.

En ce qui concerne le fichier électoral, le  processus de recensement a été arrêté depuis le 31 mars dernier. A partir de cette date, tout citoyen ne figurant pas dans la base de données ne pourra pas être électeur en juillet. Mais l’enrôlement avec le Ravec continue.

Le choix du Ravec introduit un facteur important pour les élections à venir : ceux qui avaient 14 ans en 2009 et qui ont maintenant l’âge de voter ne figurent pas dans la base de données. Ces jeunes ne font pas partie des 6,9 millions d’électeurs potentiels recensés. Ce chiffre sera du reste revu à la baisse au moment de l’établissement des listes électorales à cause de la radiation de ceux qui sont décédés et de ceux qui ne sont pas en droit de voter. Quant aux conditions d’éligibilité, elles  ne changent pas car les acteurs de la Transition ne seront pas candidats.

Comment faire pour que nos compatriotes qui se sont retrouvés comme réfugiés dans des pays voisins puissent voter ? Une opération spéciale est envisagée en vue de leur permettre d’exercer leur droit civique. A ce propos, le ministre a précisé que des contacts seront établis avec les pays de résidence des réfugiés pour faciliter leur vote. Chaque électeur est libre du choix de son centre et du bureau de vote au moment de l’établissement des listes électorales qui va se poursuivre jusqu’au 5 juin prochain. Le cas échéant, les électeurs seront automatiquement affectés là où ils ont été recensés. Le même schéma sera appliqué pour la distribution des cartes Nina.

Le budget prévisionnel des élections se chiffre à 65 milliards de Fcfa. L’Etat dégage 25 milliards de Fcfa pour l’organisation des scrutins et compte sur les contributions des partenaires financiers pour boucler le budget.

Mais comment organiser des élections à Tombouctou, Gao et Kidal où l’insécurité persiste à un niveau très élevé ? Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire a indiqué à ce sujet que le département est en liaison avec l’Armée et les forces de la Misma pour offrir le meilleur cadre possible à la tenue des élections.

Quid de la réinstallation de l’Administration dans les zones libérées ? Le schéma mis en place par l’Administration prévoit qu’à chaque fois qu’une zone est libérée, il faut mettre le paquet pour que les représentants de l’Etat soient sur place. Selon le ministre, la situation sur ce plan est satisfaisante à Tombouctou et Gao. Reste l’équation de Kidal.

Le ministre a cependant admis la difficulté de récupérer certaines infrastructures dans ces régions. L’Etat sera donc obligé de louer des bâtiments pour loger l’Administration.

Après cette réunion du Cadre de concertation entre l’Administration et les partis politiques, c’était hier au tour de la Commission de suivi du processus électoral de se réunir. Cette réunion était présidée par le secrétaire général du ministère, Brahima Fomba. Elle a regroupé des cadres des départements ministériels, des représentants de partis politiques et des organisations de la  société civile autour du même sujet.

S. DOUMBIA (L'ESSOR)

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