Assemblée nationale : LE COLLECTIF BUDGETAIRE ADOPTE

Convoquée en séance extraordinaire, l’Assemblée nationale a adopté vendredi le projet de loi portant modification de la Loi de finances 2017. Selon le rapport de la Commission des finances saisie au fond, cette modification première de l’année 2017 est justifiée par une augmentation des recettes qui prennent en charge de nouvelles ressources d’un montant total de 116,643 milliards de Fcfa et une augmentation nette des dépenses de 53,030 milliards de Fcfa qui n’ont pas pu être prises en charge dans le budget initial.
Ainsi, l’analyse des recettes révèle que les prévisions des ressources du budget d’Etat rectifié s’élèvent à 2 130,221 milliards de Fcfa contre 2 013,578 milliards de Fcfa, prévues dans le budget initial soit un taux d’accroissement de 5,79%. Cette tendance s’explique par la hausse des ressources du budget général et une légère hausse des ressources des comptes spéciaux du trésor.
Quant aux dépenses, elles passent de 2 270,647 milliards de FCFA à 2 323,030 milliards de Fcfa soit un taux d’accroissement de 2,34%. Le déficit aussi est réduit de 63,613 milliards soit un taux de 24,75%.
L’exécution du budget d’Etat au 30 juin 2017 dégage un solde budgétaire excédentaire de 4,87 milliards de Fcfa contre un solde déficitaire de 7,546 milliards de Fcfa à la même période en 2016. Les recettes ont été exécutées à hauteur de 45,32% et les dépenses l’ont été à 38,77%.
La hausse des recettes dans le budget rectificatif est essentiellement liée à l’achat par Orange Mali de la licence 4ème génération (4G) à hauteur de 100 milliards de Fcfa.
Lors des débats, les élus de la nation ont voulu savoir pourquoi c’est seulement 50 milliards de Fcfa qui apparaissent dans le texte. En réponse, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, a expliqué que sur ce montant, déjà 30 milliards ont été pris en compte dans le budget initial et les 20 autres milliards seront reportés au budget d’Etat de 2018.
Les députés se sont également interrogés sur le sort qui sera réservé au montant lié à l’organisation du référendum qui n’est plus d’actualité. En réponse, le patron de l’hôtel des finances a indiqué que 18 milliards avaient été prévus pour gérer quatre scrutins couplés en deux : référendum-élections régionales et élection de conseil de cercle-communales partielles. Comme il n’y a plus de référendum, le ministre dira que le reliquat sera affecté à d’autres besoins.
Les élus de la nation ont aussi interpellé le ministre de l’Economie et des Finances sur d’éventuelles fraudes dans le traitement fiscal des revenus issus de la production aurifère.
A ce propos, Dr Boubou Cissé a annoncé la mise en place prochaine d’un système informatique permettant une bonne traçabilité. S’exprimant sur le budget, le ministre s’est félicité de la performance de notre économie avec seulement un déficit budgétaire 4% du Produit intérieur brut (PIB). «Même si tous les critères de convergence de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne sont pas totalement respectés, notre pays est solvable», a-t-il soutenu.
C’est par 86 voix pour, 25 contre et zéro abstention que le texte a été approuvé. Comme pour le budget initial, c’est l’opposition qui a voté contre, estimant que le texte ne prend pas en compte les aspirations légitimes du peuple malien.
Lors de l’ouverture de la plénière, le président de l’institution, Issaka Sidibé, a salué, au nom de ses collègues, la décision du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, de sursoir à l’organisation du référendum constitutionnel. Toute chose, selon lui, qui a contribué à l’apaisement du climat social.
Lougaye
ALMOULOUD

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