Lutte contre le criquet pèlerin : L’AFRIQUE DE L’OUEST AFFINE SA STRATÉGIE

L’organisation régionale a réussi par le passé à amoindrir les invasions acridiennes, mais le risque n’est jamais écarté d’où l’accroissement de la vigilance
Le criquet pèlerin est toujours considéré comme un fléau. Ses invasions périodiques depuis les temps immémoriaux ont dévasté les campagnes et provoqué la famine dans la plupart des pays envahis par l’insecte. Le Mali fait partie des pays de la ligne de front, connus pour abriter des zones grégarigènes de l’insecte. En effet, ce déprédateur transfrontalier peut trouver chez nous des conditions idéales de reproduction et d’augmentation de sa population aboutissant à des invasions ou à des départs d’essaims vers d’autres pays.
Il n’est pas inutile de préciser que ce ravageur redouté et redoutable a constitué au cours des années 2003/2005, une des plus grandes calamités ayant largement affecté la politique de sécurité alimentaire de bon nombre de pays de la région, a rappelé le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Ly Taher Dravé. Elle a présidé hier à l’hôtel Onomo, la cérémonie d’ouverture de la réunion conjointe de la 9è session extraordinaire et la 12è réunion du Comité exécutif de la commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO, créée en 2002). Cette rencontre a regroupé les experts de la CLCPRO, venus des 10 pays membres de l’organisation à savoir l’Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie. Le directeur général du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin, Fakaba Diakité, entouré de ses proches collaborateurs et les experts venus de la FAO, du Centre Agro-hydro-météorologie (AGRHYMET), de l’Institut du Sahel (INSAH), de la Banque mondiale, de l’USAID et de la Banque africaine de développement (BAD) ont pris part à cette rencontre.
Mme Ly Taher Dravé a, en outre, indiqué que la CLCPRO est un modèle réussi d’intégration réunissant les experts des Etats membres dans le cadre de la mise en œuvre et du suivi permanent d’une stratégie commune de lutte contre ce ravageur historique. Elle a, par ailleurs, rendu un hommage à l’organisation qui n’a ménagé aucun effort pour prouver et faire comprendre que la coopération régionale doit être plus que jamais au centre de toute stratégie de gestion des problématiques communes. Parmi les ennemis des cultures, le criquet pèlerin est sans nul doute le ravageur historique le plus redoutable capable de détruire tout sur son passage et entrainer la famine comme lors des invasions de 2003 et 2005 dans notre pays.
Mme le ministre a saisi l’occasion de la rencontre pour saluer les partenaires techniques et financiers comme la BAD, l’USAID, l’AFD qui ont financé le programme EMPRES ayant permis la mise en place d’un mécanisme de lutte préventive, peu coûteuse et respectueuse de l’environnement. Elle a aussi associé aux hommages la FAO pour tous les efforts qu’elle consent pour la coordination internationale de la lutte contre le criquet pèlerin. La rencontre de Bamako vise à établir un état des lieux de la situation, à aborder les questions de fonds comme les plans nationaux de lutte mis en œuvre, à analyser les mécanismes de financement durable de la stratégie de lutte préventive et surtout à discuter et valider les plans de surveillance et de lutte pour la période de juillet 2017 à avril 2018. L’objectif majeur est de valider les modifications apportées à l’accord de création en 2002 de la CLCPRO qui donnent une plus grande autonomie à la Commission et la détermination des quotas des pays pour abonder le Fonds régional de gestion du risque acridien (FRGA).
Enfin, la rencontre de Bamako a décerné des attestations de reconnaissance aux premiers dirigeants de la CLCPRO (en l’occurrence Nezil Mahjoub et Thami Benhalima) et à certains experts pour leurs contributions majeures aux progrès remportés par l’organisation dans la lutte et la prévention contre le criquet pèlerin.


Moriba
COULIBALY

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