Campagne agricole 2017-2018 : LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A DONNE LE PREMIER COUP DE LABOUR à SéGOU

La potentialité piscicole de la région de Ségou exposée au chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Kéita a salué la persévérance, le courage et l’abnégation des producteurs qui ont gratifié le pays de bons résultats au cours de la précédente campagne agricole
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a procédé hier à Ségou au lancement officiel de la campagne agricole 2017-2018 en donnant le premier coup de labour sur un tracteur. L’évènement s’est déroulé en présence des membres du gouvernement, des directeurs nationaux des services techniques, du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola et de nombreux paysans venus de toutes les Régions du pays.

Le lancement de la campagne agricole par le chef de l’Etat couronnait les trois jours qui ont réuni sous l’égide de l’APCAM toutes les professions agricoles du pays dans la salle de conférence du Stade Amary Daou de Ségou pour les rencontres préparatoires de la 13 è édition de la Journée du paysan. A l’issue des travaux, les représentants des différentes organisations professionnelles paysannes ont formulé des recommandations et remercié le chef de l’Etat pour tous les efforts déployés pour la promotion de l’agriculture. Le représentant de la profession agricole, Bakary Dembélé, a souligné que grâce à la mécanisation de l’agriculture, les paysans ont commencé à se détourner de plus en plus des animaux de trait qui étaient utilisés pour les travaux champêtres.

Sanoussi Bouya Sylla a, lui, exhorté le président de la République à faire adopter une loi criminalisant le vol de bétail. «Cette pratique qui devient de plus en plus courante dans le milieu rural et urbain, doit être considérée comme une atteinte à l’opérationnalisation des paysans qui utilisent ces animaux de trait comme seule alternative à la houe, d’une part et pour les éleveurs afin d’améliorer la production de viande et de lait, d’autre part», a soutenu l’éleveur Sanoussi Bouya Sylla. Par ailleurs, il a souhaité que le gouvernement contrôle l’importation de la volaille afin de ne pas pénaliser les promoteurs nationaux qui ont investi dans ce sous-secteur.

Sanoussi Bouya Sylla a aussi indiqué que la loi n°93-044 portant création de l’APCAM souffre depuis cette date de l’insuffisance de ressources financières en raison du fait que son décret d’application n’a pas été signé par le président de la République. «Cette insuffisance cause d’énormes préjudices à l’institution qui ne bénéficie pas de ressources financières suffisantes pour faire face à ses missions du sommet à la base», a-t-il plaidé. Le représentant des sous-secteurs pêche et pisciculture a, lui aussi, salué le chef de l’Etat pour tous les efforts déployés à leur endroit et a saisi l’occasion pour plaider en faveur d’une baisse du prix d’acquisition des alevins pour le ramener de 200 Fcfa l’unité à 25 Fcfa comme dans d’autres pays.

Bouadian Sidibé a particulièrement mis l’accent sur le dragage des cours d’eau par les orpailleurs traditionnels. Cette pratique très dangereuse, a-t-il fait remarquer, met en péril la ressource halieutique et souille les cours d’eau en les rendant inaptes aux divers usages domestiques (corvée d’eau, maraîchage, pêche et irrigation). Il a également plaidé pour la préservation et la sauvegarde des espèces végétales autochtones comme le karité, le néré, le baobab et le balanzan. En réponse, le président de la République a indiqué avoir pris bonne note des doléances et des recommandations. Ibrahim Boubacar Kéita a tenu à saluer la persévérance, le courage et l’abnégation des producteurs qui ont gratifié le pays de bons résultats agricoles au cours de la campagne agricole 2016-2017.

«Malgré, la crise et les difficultés que le pays a connues, vous avez réussi à le hisser sur le podium des grands pays producteurs agricoles africains et de la sous-région. Ceci est remarquable et mérite d’être salué. Cette réussite est à votre actif», a commenté le chef de l’Etat. Il a toutefois reconnu qu’il y a des difficultés qu’il faut résorber pour améliorer les performances des producteurs. «L’Etat se tiendra à vos côtés parce que vous le méritez. Je vais demander au ministre de l’Economie et des Finances de réviser la clé de répartition du budget alloué au secteur agricole afin d’améliorer la quote-part qui pourrait revenir à l’APCAM », a déclaré le président Kéita en guise de réponse à la doléance d’augmentation des ressources financières formulée par la présidente de la Fédération nationale des femmes rurales du Mali (FENAFER), Mme Niakaté Goundo Kamissoko.

Evoquant l’emploi des jeunes, le président de la République s’est dit très sensible à la situation des jeunes qui tentent l’aventure européenne et qui échouent aux abords de la mer méditerranée. Une situation qui lui cause de la peine. «Je souhaite que d’autres ressortissants viennent travailler ici plutôt que des Maliens s’expatrient à la recherche d’un hypothétique bien-être sous d’autres cieux», a-t-il dit. Le président IBK a également tenu à s’expliquer sur le sujet de l’émigration clandestine à travers des accords de réadmission des pays africains d’origine des migrants que le pays a refusé de signer.

En raison de ce refus, les Européens ont eu un accord avec la Libye qui a accepté d’accueillir ces migrants refoulés. Mais, là-bas, nos jeunes subissent tous les sévices dignes de l’esclavage, cette situation me cause également de la peine. Pour joindre l’acte à la parole, le chef de l’Etat a promis de porter à pas de moins de 3000 repiqueuses de riz qu’il offrira aux jeunes femmes rurales de l’Office du Niger afin d’alléger la pénibilité du travail dans les champs. En attendant, sur le site de la cérémonie, il a remis symboliquement des échantillons de ces machines agricoles aux femmes, de même qu’il a procédé au lancement officiel de la campagne de distribution gratuite de 17.500 tonnes de céréales (mil et sorgho) par le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) en direction de toutes les Régions et du District de Bamako, à l’exception de celle de Sikasso.

Un fait notable. Le conseil des ministres de la semaine a été délocalisé à Ségou. Il a été présidé par le président de la République, entouré du Premier ministre et des membres du gouvernement. C’est la deuxième fois que le conseil des ministres est tenu en dehors de Bamako. Il a été délocalisé pour la première fois à Sikasso en 2010 dans le cadre du lancement de la Biennale artistique et culturelle.


Envoyés spéciaux
Moriba COULIBALY
et Nouhoum SAMAKé

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