Discours du Président de la République à l’occasion de la cérémonie de décoration des soldats tombés sur le champ de l’honneur (Bamako, le 25 avril 2013)

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Mesdames et messieurs les chefs d’institution,

Mesdames et messieurs les ministres,

Monsieur le Président du Comité de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité,

Monsieur le Gouverneur,

Monsieur le Maire du District,

Partenaires et amis du Mali,

Officiers, sous officiers, militaires du rang,

Parents et proches de ceux que nous célébrons aujourd’hui,

Mesdames et Messieurs,

 

Aux veuves et orphelins présents à cette cérémonie, aux pères et aux mères éplorés qui nous entendent, aux frères et aux sœurs qui se souviennent, mes premiers mots sont de renouveler les condoléances sincères de la Nation malienne. Notre nation !

Cette belle Nation à laquelle nous devons être fiers d’appartenir et qui a décidé, en cette heure et en ce lieu, d’exprimer sa reconnaissance à ses fils tombés sur le front de l’honneur !

Je voudrais ensuite féliciter la hiérarchie de nos Forces de Défense et de Sécurité, en particulier le Comité de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité que préside le Capitaine Amadou Aya Sanogo.

Je vous remercie, Capitaine, pour vos mots aimables. Je suis d’accord avec vous sur la nécessité de redonner au Mali une armée professionnelle et républicaine bénéficiant de l’équipement adéquat et d’un cadre de vie stimulant.

Que la République honore les soldats morts pour elle est pertinent et opportun en ces moments où le pays revient de ses doutes et de son trauma, après avoir pris conscience de ses fragilités, de toutes ses fragilités !

Il est heureux que de notre drame collectif sans précédent où l’espoir succède à la désillusion, nous acceptions de réfléchir aux moyens de la refondation au lieu de continuer la fuite en avant.

Et c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Il s’agit de faire face. Faire face à ce qui est arrivé et qui est le lot de chaque guerre. Mais faire face à l’infortune comme une République a le devoir de le faire.

Nous commémorons aujourd’hui, dans la clarté du jour et sous le regard ému de nos compatriotes, plus de deux cents soldats morts pour le Mali, morts en défendant le Mali, morts les armes à la main, morts enfin pour que nous nous puissions vivre dans la liberté et la dignité.

Ce sont des soldats maliens, certes en majorité. Mais ce sont également des soldats venus au chevet du Mali : Français, armées de la CEDEAO, forces tchadiennes.

A ces soldats, à ces frères  morts pour le Mali, à leurs pays, à leurs familles et à leurs proches, nous disons que nous ne pouvons rien leur donner qui soit à la hauteur  de ce qu’ils nous ont donné.

Ils nous ont donné leur vie, eux qui, pour certains, viennent d’un autre continent, et pour d’autres, d’une autre région de l’Afrique. 

 A ces soldats des causes justes comme cette guerre que nous sommes en train de gagner, avec l’aide déterminante des pays qui nous ont tendu la main sans hésiter et aussi par le sursaut de notre Armée nationale, à ces soldats de la fraternité humaine tombés sur notre sol, nous apportons humblement mais, du fond du cœur, la reconnaissance du Mali.

Du Mali qui les chante déjà par ses virtuoses, du Mali qui les célèbre déjà par ses journalistes et ses historiens, du Mali dont chaque foyer exalte le Commandant Boiteux, non pas parce qu’il est le seul soldat étranger mort dans la guerre de libération du Mali, mais parce qu’il est le premier et qu’à travers lui, ce sont tous les autres martyrs qui sont évoqués.

Mesdames et Messieurs,

Si ailleurs, il existe la forte tradition d’honorer les soldats tombés, au Mali cette tradition doit également s’instaurer.

C’est ce qui est en train d’être fait ici et maintenant. Il faut désormais que les soldats morts au champ d’honneur soient identifiés, reconnus et célébrés. Il faut que leur sacrifices soient portés à la connaissance des troupes et de la Nation entière, car ils sont notre fierté.

C’est pourquoi il m’a paru juste et opportun d’inciter à la réflexion sur les voies et moyens pour la République de se doter de tout l’arsenal requis pour la reconnaissance du mérite dans le domaine militaire.

Du reste, il me plaît d’annoncer à nos compatriotes les efforts en cours pour trouver un site qui servira de cimetière à tous ceux qui sont tombés sur le champ de l’honneur, ou tomberont encore car la loi de la guerre est impitoyable et nous aurons encore des victimes.  

Tous ceux qui ont mérité de la patrie, qui ont fait la grandeur et la fierté du Mali, soldats comme civils, seront cités sur la stèle à l’entrée de ce cimetière, notre panthéon, ou notre Arlington, notre cimetière  dont le nom sera issu d’un concours organisé à cet effet.

Cependant, la seule décoration à titre posthume ne suffit pas.

Nous devons prendre le plus grand soin de nos blessés. C’est à la Nation de soigner ses militaires blessés.

Nous devons aussi penser au confort des familles des défunts dans une vie dont la cherté rend de plus en plus inpidualiste.

Nous le ferons par des réformes systémiques à même d’améliorer significativement les conditions du soldat mais aussi par la solidarité directe dont un exemple est la décision prise par le Comité de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité d’attribuer un lot à usage d’habitation aux familles de nos soldats tombés.

Mesdames et messieurs

Officiers, sous officiers, militaires du rang,

La guerre dans laquelle nous sommes engagés a révélé les besoins de l’Armée.

Ils sont manifestes ; ils sont grands ; il est important et urgent de les satisfaire pour espérer avoir une Armée capable de défendre le pays.

Mais notre crise a aussi  rappelé la nécessité d’avoir les Forces Armées et de Sécurité adaptées à nos besoins.

Et les besoins d’un pays qui aspire à l’émergence sont la discipline, la rigueur, le sens du devoir accompli, l’intégrité morale et la passion pour son pays.

Ces valeurs ne doivent d’ailleurs pas être celles de nos seules Forces de Défense et de Sécurité.

Elles doivent être celles de tous les Maliens, de toutes les Maliennes et c’est ce qui nous permettra de construire un pays solide et respecté.

Mais notre drame récent prouve que tout le reste est illusoire sans une armée forte et républicaine, capable de défendre le territoire.  Donc une armée ajustée aux défis sécuritaires nouveaux, aux défis démocratiques et aux défis de développement.

Jamais au Mali la notion de sécurité collective n’a été aussi pertinente qu’en 2012. Jamais le concept de Sécurité Humaine Globale n’a été aussi approprié pour relever les défis de la paix et du développement.

Dans le projet de démocratie que nous voulons construire, nous devons tenir compte de ces réalités car ce sont elles qui, mises en œuvre de manière optimale, gèrent en amont la conflictualité de nos pays et nous évitent autant que possible les situations telles que celle que nous vivons !

Je voudrais encore une fois, au nom de  notre armée, au nom de notre gouvernement, au nom de l’ensemble du peuple malien, en mon nom personnel, saluer et exprimer toute notre reconnaissance et notre respect aux veuves, aux orphelins, aux familles, aux amis et aux proches de ces héros dont la mémoire restera gravée en lettre d’or dans l’histoire notre pays.

 

Vive les Forces de Défense et de Sécurité du Mali !

Vive la Nation malienne unie et réconciliée avec elle-même !

Vive la paix !

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