Adresse du Président de la République aux funérailles des soldats maliens morts dans le crash d’hélicoptère

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,

Officiers et soldats du Mali et des pays qui l’accompagnent,

Représentants des missions diplomatiques et de coopération,

Mes chers compatriotes,

Nous sommes réunis à cette heure et en ce lieu pour rendre hommage à nos valeureux frères et fils perdus dans cet accident tragique alors qu’ils incarnaient la nouvelle armée malienne, remobilisée et plus que jamais déterminée à parachever la libération de notre pays.

Ces frères et fils que nous pleurons étaient tous jeunes, tous prometteurs, tous portés par la même passion, celle du Mali.

C’est pour cette passion qu’ils sont morts.

Et cette passion est  la plus grande, la plus noble.

Elle ne doit quitter aucun d’entre nous.

Parce que le Mali mérite tous les sacrifices.

Parce que le Mali ne sera que la somme de ce que chacun nous lui avons apporté, cédé ou concédé.

Parce qu’enfin,  si c’est ici que nous devons continuer de vivre ensemble, réapprendre à vivre ensemble, nous n’avons pas d’autre choix que de nous donner la main, chacun dans ce qu’il sait faire le mieux et tous pour que nous devenions le bon exemple et pas la risée des autres.

Aux parents des soldats que nous pleurons en ce moment, à leurs camarades et à leurs amis, je voudrais, en tant que père, souligner combien ma peine est grande.

En mon nom personnel et au nom de la nation entière, je présente mes condoléances les plus émues.

Puisse l’âme des défunts reposer en paix !

Puisse Dieu accueillir en son paradis ces martyrs de notre nation, ces jeunes tombés sur le front de l’honneur !

Et puisse Dieu continuer de nous assister, de nous assister pour que nous subissions le minimum de dégâts et de deuil dans la tâche de libération et de sécurisation de notre grand pays !

Qu’il le fasse parce que nous avons le droit et la raison de notre côté !

Qu’il le fasse que nous sommes un pays de paix qui a été agressé et humilié !

Qu’il le fasse, parce que lui le Tout-Puissant sait tout, voit tout et est toujours du côté de la vérité.

Soldats et officiers du Mali et des pays qui nous accompagnent,

J’ai tenu à m’associer à la cérémonie d’aujourd’hui, non pas parce que c’est la première tragédie qui frappe notre armée et non pas parce que seule notre armée doit compter.

Beaucoup de soldats maliens sont tombés les armes à la main, sur le champ de l’honneur, à l’image du vaillant capitaine d’Aguel Hock, Seydou Traoré, et de nos valeureux enfants qui ont défendu la patrie à Konna, avant Konna et partout sur la ligne de front.

Par ailleurs, des soldats non maliens sont sur cette ligne de front. Certains ont déjà payé de leur vie.

Je suis là aujourd’hui, pour accompagner à leur dernière demeure cinq de nos enfants, cinq des éléments sur lesquels la nouvelle armée du Mali compte.

Mais je suis également pour prouver que la crise que nous avons traversée nous a renseignés et enseignés.

Renseignés sur nos faiblesses dans la gestion de l’infortune et enseignés sur ce que nous pouvons faire encore pour que le sacrifice de nos enfants soit porté à la connaissance de toute la nation et que la valeur militaire soit reconnue, saluée et exaltée.

La crise nous a également renseignés sur la valeur de la solidarité et de la compassion de la hiérarchie sur le moral des troupes, condition essentielle de toute victoire.

Elle nous a enseigné enfin un autre rapport de la République à ceux qui meurent pour elles.

Nul doute qu’à la lumière des leçons de cette crise, notre dispositif national de reconnaissance du mérite corrigera toutes ces lacunes car un soldat qui meurt pour son pays n’est rien d’autre qu’un héros.

Enfin chers compatriotes, je suis là aujourd’hui pour renouveler la reconnaissance du Mali envers les troupes amies : de France, du Tchad, du Nigéria, du Sénégal, de la Guinée, du Niger, du Ghana, du Burkina Faso, du Togo qui se battent aux côtés de leurs frères maliens pour la libération du Mali, pour la liberté du Mali, pour la sécurité du Mali, pour l’intégrité du Mali.

Ce sont les soldats de la cause humaine et nous ne pouvons jamais les remercier assez. Eux dont certains sont les premiers martyrs de la guerre du Mali : le Commandant Boiteux et tous ses autres compatriotes et aussi et surtout les hommes de la vaillante armée tchadienne tombés dans l’Adrar des Ifoghas après avoir mis l’ennemi en déroute.

Quelle armée ! Quelle bravoure ! Quel engagement !  Du soldat à l’officier, du caporal au général, le grand Tchad, symbole de courage et de fierté !

Mes chers compatriotes,

Nous devons en ces heures douloureuses, tous et toutes, nous associer au chagrin des familles aujourd’hui éplorées et partant, avoir une pensée pour toutes les familles dont les enfants sont tombés sur le champ de l’honneur.

Nous devons également et surtout faire en sorte que le sacrifice de nos martyrs, les nationaux maliens comme les nationaux des pays amis ne soit pas vain.

Par conséquent, nous devons nous donner la main, nous ne devons jamais oublier d’où revient ce pays et quels sont encore les périls qui le guettent si nous nous oublions, si nous ne pouvons pas pardonner l’erreur ou la faute, ou si nous ne surpassons nos propres calculs et nos appétits mesquins.

Car si beaucoup est fait sur le chemin de l’intégrité et de l’honneur retrouvé, rien n’est encore irréversible parce que notre crise qui n’est pas insoluble, reste une crise plus profonde qu’il n’y paraît.

L’union sacrée pour conforter le projet de présence du Mali n’est pas négociable.  De plus jeunes sont morts pour ce projet, comme le prouvent ces funérailles et leur sacrifice doit nous parler à tous et à toutes.

Une fois de plus, puisse Dieu les accueillir en son paradis !

Puisse leur âme reposer en paix !

Je vous remercie de votre patience et votre attention !

 

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