Mali-US relations

Discours du Pr. Dioncounda TRAORE à l’occasion de la cérémonie d’installation des membres de la Commission Dialogue et réconciliation

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Messieurs les Chefs d’Institutions,

Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,

Madame, Messieurs les Anciens Premiers Ministres,

Monsieur le Président de la Commission Dialogue et Réconciliation,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Chancelleries et des Institutions de Coopération bilatérale et multilatérale,

Mesdames et Messieurs les membres de la Commission Dialogue et Réconciliation,

Distingués invités, Mesdames, Messieurs, Chers amis ;

 

C’est à la fois un agréable devoir et un réel plaisir pour moi, d’une part de vous féliciter chacun et chacune, du Président aux Commissaires, en passant par les vice-présidents, pour votre nomination au sein de la Commission Dialogue et Réconciliation et d’autre part, de vous installer officiellement aujourd’hui dans  vos fonctions.

M’adressant à vous en particulier, Monsieur le Président de la Commission, je me réjouis des nombreuses appréciations qui ont accueilli votre désignation.

Ces appréciations retiennent toutes un  homme de consensus et d’écoute, un homme de confiance et de résultats, répondant aux aptitudes d’ensemble requises pour être à la fois le bon chef, l’aiguilleur et le planton.

Vous serez le bon chef par l’autorité et l’ascendant que confère votre riche parcours, vous le serez par la sûreté de vos jugements, par la qualité de vos arbitrages et par vos capacités d’écoute et d’anticipation.

Vous serez l’aiguilleur parce que vous recevrez de nombreux acteurs, de nombreuses suggestions, de nombreuses propositions et de nombreuses réactions.

Vous devrez retenir, orienter, moduler, orienter toutes ces contributions dans la direction qui nous permettra d’atteindre le plus vite possible les objectifs qui sont les nôtres.

Vous serez le planton enfin  parce que vous devrez porter partout la bonne parole, la bonne information, le bon argument sans jamais vous lasser ni céder au découragement.

Assurément, Monsieur le Président de la Commission Dialogue et Réconciliation, ce n’est pas à un banquet que vous convie la République. C’est plutôt un sacerdoce qu’elle vous propose. Car vous veillerez, vous serez pris à partie, on vous traitera de tous les noms, vos nerfs seront unis à rude épreuve.

Mais votre consolation, votre rétribution seront la confiance que la Nation et la République ont placée en vous et votre fierté sera la satisfaction qu’en retour vous leur apporterez.

Monsieur le Président de la Commission Dialogue et Réconciliation,

Vous et toutes les femmes et tous les hommes qui constituez cette Commission avez toutes et tous été choisis à l’issue d’un processus exigeant et participatif tenant compte des qualifications, de la représentativité, de la crédibilité et de l’engagement pour un Mali libre inpisible et laïc.

Participatif, le processus l’aura été, parce que toutes et tous, vous avez été proposés par les forces sociales : Organisations citoyennes, leaders communautaires, leaders d’opinion, autorités morales de toutes les régions et de tout le pays.

C’est pourquoi vous me permettrez, Mesdames et Messieurs, chers Invités, d’être quelque peu étonné quand une association comme le collectif des ressortissants du Nord Mali (le Coren), une association sérieuse et respectable s’il en est la première à sonner la charge contre la CDR au prétexte qu’elle aurait été marginalisée, ne se reconnaitrait pas dans cette Commission et s’abstiendrait de toute relation avec cette Commission en des termes à la limite de la courtoisie.

(Le Président par intérim montre à l’assistance la lettre que le Corenlui a envoyée et la commente).

Comme vous le constatez, le Vice-président Mety Ag Mohamed Rissa et le Commissaire, Mohamed FallOuld Mohamed, ont bel et bien été proposés par le Coren !

Cette commission est constituée de 33 femmes et hommes choisis parmi plus de six cent propositions et candidatures.

Ils ne sont pas dans cette commission parce qu’ils sont les meilleurs du pays. Mais ils y sont parce qu’ils sont parmi les meilleurs d’entre nous.

Cette commission est constituée de 33 membres sur les 14 millions de Maliennes et de Maliens, 33 membres qui s’efforceront de les représenter et de les servir avec loyauté.

Je voudrais donner ici l’assurance que nous n’avons voulu discriminer, diminuer n i exclure personne ! Mais aucune œuvre humaine n’est parfaite.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les Commissaires,

Votre commission revêt pour tous les Maliens une importante capitale, elle est la commission du salut et c’est ce qui explique les inquiétudes, voire les frustrations de certains qui auraient souhaité en faire partie.

C’est dire que vous avez une obligation de partenariat stratégique et responsable avec des milliers de Maliens et de Maliennes qui n’ont pas eu la satisfaction d’être choisis, mais qui sont tout autant éligibles et tout autant acquis à la cause de la Patrie.

Votre mission est de rassembler pour le dialogue et d’œuvrer à la réconciliation, à la paix des cœurs et des esprits. Le Mali, c’est le Nord, c’est le Sud, c’est l’Est et c’est l’Ouest.

C’est Tinzawaten, mais c’est aussi Ambidédi, c’est Zégoua, mais c’est aussi Boujbéa.

Le Mali est une chaine, une chaine de fraternité, une chaine de solidarité. Rendez, par votre dédicace, cette chaine encore plus solide.

Faites en sorte que chaque maillon de cette chaine soit renforcé. Parce qu’une chaine a la force ou la faiblesse de chacun de ses maillons.

 

Votre commission devra donc être un cadre, un creuset où tout porteur de solution ou de projet est le bienvenu. Le bienvenu pour la paix au Mali, le bienvenu pour la stabilité au Mali, le bienvenu pour l’intégrité du Mali, le bienvenu pour la laïcité de la République, le bienvenu pour la concorde et la solidarité dans la justice, le bienvenu enfin pour la marche en avant du Mali.

Votre mission est de rassembler pour le dialogue et d’œuvrer à la réconciliation. Mais le dialogue ne pourra s’établir qu’entre Maliens qui renoncent à la partition du pays, qui renoncent à imposer la charia et qui déposent les armes.

Votre mission sera délicate et elle exigera de vous impartialité, responsabilité, rigueur et neutralité en plus d’un sens patriotique élevé et d’un profond attachement à la justice.

C’est une mission que vous devrez mener en relation avec la médiation de la CEDEAO et en ne négligeant aucune facilitation d’où qu’elle vienne.

Je voudrais demander solennellement à toutes les Maliennes et à tous les Maliens de vous apporter leur soutien. Car nous devons garder à l’esprit d’où nous venons ! Quel était le calvaire du Mali toute l’année 2012. Quels étaient les risques qu’il courrait avant la date repère du 11 janvier 2013 et ces risques, c’était la désintégration du pays, et où nous sommes aujourd’hui en termes de potentiel et d’opportunité de reconstruire la Nation et la réconcilier avec elle-même et avec ses ambitions.

Dès lors, l’amour réel pour le Mali, sa paix, sa réconciliation et son progrès impliquent une grande capacité de tolérance et de pardon.

Les temps graves que nous traversons ne sont ni ceux de la rancœur ni ceux de la vengeance.

L’heure ne saurait être aux ressentiments personnels ni aux menées subversives. Les temps graves que nous traversons doivent être ceux du dépassement de soi, ceux d’un nouveau contrat social, ceux de la sincérité et de la seule sincérité avec la Nation et dans la collaboration avec la commission Dialogue et Réconciliation.

C’est cela qui rendra de nouveau possible les réciprocités sociales, humaines et économiques qui ont construit les sociétés complémentaires du Nord malien où le troupeau des Kel Tamasheq prospérera de nouveau le long des rizières Songhoy et où le sel des caravaniers arabes continuera d’être troqué contre le sorgho des sédentaires du Faguibine.

 

Mesdames, Messieurs, Chers Invités,

Inventer n’est pas forcement ce dont nous avons besoin. Ce qu’il nous faut, c’est reproposer les pactes qui ont fait l’équilibre et la stabilité du passé. Car du terroir de Taoudéni au voisinage de Djallonbé dans la région de Mopti, il s’agissait du même continuum où la persité n’empêchait pas la complémentarité et où, malgré son identité, la communauté n’a jamais donné lieu au communautarisme qui est sans conteste un handicap pour la construction de la Nation.

Historiquement, nous avons donc un précieux capital que nous devons défendre contre les terroristes, les narcotrafiquants et les criminels de tout bord.

L’enjeu de l’Etat-Nation, c'est-à-dire notre mission de génération, n’est pas de gommer les spécificités et l’identité. Celles-ci sont à préserver parce que source de la persité qui a jusque-là caractérisé  notre pays et fait de lui une mosaïque de minorités plutôt qu’un pays où une majorité ethnique fait sa loi.

L’expression par la violence, l’irrédentisme organisé par des groupuscules alliés objectifs des terroristes internationaux, des trafiquants de drogue et des grands criminels, ne doivent pas occulter un  débat pertinent et profond sur l’intégration nationale, son état et ses préalables.

Une intégration nationale de qualité, voici ce que commande la survie du Mali. La commission en plantera les jalons.

Et parce qu’aujourd’hui, je suis comptable de l’état de la Nation et parce que la commission est un outil irremplaçable dans la dynamique de reconstruction sociale, morale et spirituelle de notre pays, je veillerai personnellement à l’obligation de résultat qui lui incombe et, pareillement, je veillerai à ce qu’elle puisse travailler dans les conditions de sérénité et de sécurité requises.

 

Monsieur le Président de la Commission Dialogue et Réconciliation,

Mesdames, Messieurs les Commissaires,

Je sais pouvoir compter sur vous pour écouter, faire réfléchir, mettre en débat, analyser et synthétiser les apports de nos compatriotes afin de restaurer la confiance mutuelle, de susciter la tolérance et le pardon dans la justice et ramener la paix dans les cœurs et les esprits.

En retour, j’invite encore et encore tous nos compatriotes, toutes nos compatriotes à l’intérieur comme à l’extérieur, à Kidal comme à Kayes, partout au Mali, jeunes et vieux, femmes et hommes, à apporter à cette commission toute la sollicitude dont elle a besoin pour faire sontravail.

Son travail pour nos enfants, son travail pour nos épouses, son travail pour nos maris, son travail pour nos pères et nos mères. Son travail pour le Mali et sa renaissance. Ce Mali que le monde entier aide aujourd’hui dans un  élan de solidarité sans précédent.

En vous souhaitant bonne chance et beaucoup de courage, je vous renvoie à l’exercice de vos fonctions et à l’accomplissement de votre noble mission.

 

Que le Tout Puissant vous inspire !

Vive le Mali un et inpisible !

Vive la Paix, la Concorde, la Justice et la Solidarité !

Que Dieu Bénisse le Mali.

 

Merci !

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